L’année dernière
EncontrarSe – Christèle Pimenta
Christèle était en résidence du 19 au 23 octobre 2010
EncontrarSe ou se retrouver... Avant de nous retrouver, Christèle Pimenta nous a donné rendez-vous à Paris nous invitant à découvrir sa nouvelle création en cours, EncontrarSe, un récit mélancolique et tragique porté par la flamme du flamenco. Une histoire de rencontres, aussi, entre la parole, la musique et la danse. Nous avons eu envie de l’accompagner sur ce chemin de recherche et l’avons invitée à venir travailler quelques jours à La Maison du Conte avec ses deux compagneros, une danseuse et un guitariste-chanteur...
“Je suis dans le dire. Ce qui m’intéresse dans le conte, c’est de dire, de parler. Mais être conteur c’est aussi être auteur, compositeur, interprète. Alors après avoir rêvé pendant des mois à une histoire, des personnages, des images... vient le moment fatidique de la création (la petite, pas la grande Création). Je couche les mots sur le papier, et pourtant je suis dans le dire ! Je réalise un montage d’images, de gestes, du visuel et pourtant je suis dans le dire. Je crée une partition de sons et de rythmes et pourtant... je suis dans le dire ? C’est plus fort que moi, dire cette histoire rêvée devient une nécessité dans mon processus de création.
C’est ainsi qu’après plusieurs heures à me morfondre sur mes pages blanches à petits carreaux et à pester contre toutes les muses de l’inspiration, du théâtre, de la musique et de la danse, vient le temps de la première représentation publique : La Première (la Grande Première, pas la petite de rien du tout). Et là, moment de grâce, instant magique, miracle ! Tout se met en place, les mots, les gestes, le dire fait son travail. Enfin presque... Il arrive souvent que ce dire, une fois entendu, écouté, vécu, transforme celui qui dit (puisqu’il y est) et ce qu’il a à dire. Alors vient le temps de la re-création (mais non, pas la récréation).
C’est pour ce temps de « re-création » que j’installe à La Maison du Conte mon histoire, mes doutes et même mes amis. C’est avec Antonio et Mercedes Maya que l’aventure a commencé, avec qui l’histoire est née, à présent elle a besoin de pousser. »
Christèle Pimenta
Hard times – Olivier Noack
Cette résidence s’est déroulée du 31 janvier au 4 février 2011
“Il y a une histoire que je traîne avec moi depuis des années, c’est celle du gars qui raconte à qui veut l’entendre qu’il est conteur parce qu’il veut changer le monde. J’aime bien le début de cette histoire, car quand j’avais vingt ans, c’est exactement pour ça que j’ai commencé le théâtre, du style « le théâtre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et patati et patata, on est volontiers pompeux quand on a vingt ans.
Le conteur de cette histoire, je l’ai toujours associé à l’image indélébile d’un conteur-chanteur aperçu dans un documentaire à la télé il y a très longtemps. C’était un type, dans le sud de l’Italie, avec une casquette et une guitare, qui racontait et chantait des trucs politiques devant une poignée de paysans ou d’ouvriers, je ne me souviens plus trop bien. Ce qui est très important dans cette image, c’est la casquette (je plaisante) parce que c’est la même que celle de Henry Fonda dans le film de John Ford Les raisins de la colère. C’est un de mes films cultes, de ceux qui laissent flotter dans la mémoire quelques images dont tu sais qu’elles vont t’accompagner toute ta vie. Quand je l’ai revu pour préparer le spectacle, ça été des retrouvailles, tout comme la réécoute en boucle de Woody Guthrie, un chanteur dont la voix et le phrasé me font toujours frissonner. Woody Guthrie, c’est l’archétype du chanteur engagé. J’ai appris récemment qu’il avait écrit plein de chansons après avoir vu le film de Ford. Lui aussi porte une casquette. Pour le spectacle, j’avais l’idée de raconter des contes trad’, de ceux où il y a un petit qui vient à bout des puissants, ces contes là m’ont toujours plu. Mais je sentais qu’il manquait quelque chose de plus réaliste.
Un jour je passe à Metz devant la librairie “Geronimo“ (et oui ça ne s’invente pas) et je vois dans la vitrine un bouquin : Hard Times, histoires orales de la grande dépression. J’ai tout de suite su que j’avais trouvé ce que je cherchais. Je rentre, j’ouvre le livre, c’était des témoignages sur la crise de 29 aux USA. En tête de chapitre un extrait des Raisins de la colère, je feuillette, plus loin un bout de chanson de Woody Guthrie, le puzzle venait de se reconstituer (...). J’ai l’impression que ce qui est important, ce sont toutes ces images, ces paroles, ces situations à haute densité qui viennent flotter dans la mémoire. Ce sont les pièces d’un puzzle qui font que tu ne te soumettras jamais tout à fait. Raconter des histoires, c’est semer des bribes de ce genre là.”
Olivier Noack
_
Une résidence qui s’est ponctuée de rencontres et de chantiers sur la ville avant les 3 premières représentations qui avaient lieu en février 2011 à La Maison du Conte
En 2009-2010
Vélowestern - Julien Tauber
Résidence de janvier à juin 2010 à La Maison du Conte et dans toute la ville de Chevilly-Larue
Entre janvier et juin 2010, Julien Tauber était en résidence à La Maison du Conte. Il a sillonné les plaines, les déserts et les grands canyons de Chevilly-Larue, au galop sur son vélo, et nous a donné à entendre les multiples épisodes de son vélowestern.
« Venir à Chevilly-Larue n’est pas une chose aisée et je dois avouer que, s’il ne s’y trouvait pas La Maison
du Conte, je pense que je n’y aurais jamais mis les
pieds.(...) Mais d’avoir fait cette résidence sur la ville
m’a fait la connaître mieux que celle où j’habite.
Pour trouver des endroits où raconter, j’étais à l’affut
du moindre événement où j’aurais pu glisser une histoire,
j’ai fouillé tous les endroits propices, j’ai interrogé
des personnes ressources, ceux qui connaissent
les moindres passages, ceux qui peuvent appeler la
moitié des habitants par leurs prénoms. Je me suis
plongé dans l’intimité de la vie de la ville comme je ne
l’avais fait nulle part ailleurs.
Le but de cette résidence était d’expérimenter le rapport
que le conteur peut entretenir avec un territoire,
en l’occurrence, une ville. Il reste encore beaucoup à
explorer dans ce domaine-là, mais je
pense avoir répondu à une question
qui pour moi était une part essentielle
de l’expérimentation : est-ce que ça
m’intéresse ? La réponse est très
claire : oui, j’ai envie de continuer dans
cette voie, oui j’ai envie d’approfondir
ce rapport à entretenir sur la longue
durée, oui il y a pour moi une piste très intéressante à
fouiller pour développer un certain art du conteur.
J’ai aimé recroiser les mêmes publics dans des endroits
très différents, j’ai aimé me faire interpeler « Eh
bonjour VéloWestern ! » par un adolescent, avec son
copain qui lui dit « Mais pourquoi tu l’appelles comme
ça ? », j’ai aimé qu’on tente de me soudoyer pour avoir
la suite du feuilleton, j’ai aimé les petits moments de
magie qui se sont mis en place, presque au débotté
parfois et qui m’ont amené à rencontrer le public où je
ne l’espérais pas."
Julien Tauber
Cette année
L’échappée - Valérie Briffod
En résidence vélocyclopédique de janvier 2011 à janvier 2012 à La Maison du Conte et à Chevilly-Larue
La caravane du Grand Ouest se métamorphose en caravane du Tour. Avec encore en mémoire la fantastique chevauchée de Julien Tauber nous sautons dans la roue de Valérie Briffod pour une « Echappée » belle.
« Tout a commencé un jour de choucroute. Mon père, moi, à la même table. Du temps à tuer. Chacun une bière, ça mousse, ça occupe en attendant le début du service. Le restaurant est vide, quand soudain dans le silence. J’entends « Tic tac tic tac... ». Le coeur de mon père ! L’horloge du coeur mécanique de mon père ! Alors c’est comme une révélation : c’est comme ça que démarrera mon prochain spectacle qui parlera de mon père et de vélo et ça s’appellera L’Echappée. J’en étais là de mes réflexions quand Michel Jolivet et Abbi Patrix m’ont proposé de venir poser mes valises un temps à La Maison du Conte.
Après Julien Tauber et son VéloWestern, le chemin était tout tracé, je n’avais plus qu’à continuer de filer la métaphore vélocyclopédique. Je vous propose donc de venir chatouiller les pédales et de mettre votre nez à la fenêtre de La Maison du Conte de janvier 2011 à janvier 2012.
- Prologue, ou mise en route du peloton
Pour courir, il faut une équipe. Ici pas question d’adversaire, mais bien de tempo et de tactique pour mettre en route une
création et la mener jusqu’au bout. Il s’agira donc de réunir autour de moi un groupe de personnes intéressées à prendre part à un processus de création dans son ensemble ainsi qu’une dynamique de résidence. Chaque coureur du peloton apportera sa contribution aux différentes étapes publiques qui auront lieu toute l’année (ateliers, lectures, balades contées, expositions ....). Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me le faire savoir...
- Janvier 2011 : Première étape de montagne
Vous serez invités à enfourcher vos home-trainers à nos côtés pour prendre part à l’échauffement. La première côte est toujours la plus difficile, il ne faudra pas pédaler avec les oreilles. Une sorte de première échappée publique où vous seront donnés à partager les premiers frémissements de la création.
- Juin 2011 : Pignons sur Chevilly-Larue ou la caravane du Tour à La Maison du Conte
Depuis que je parle de ce projet, je me rends compte que le vélo est un véritable générateur de paroles poétiques. De Blondin à Pouy en passant par Fournel et l’Oulipo, ils sont nombreux à avoir écrit sur le vélo. Le vélo c’est aussi un élément de lien fort avec les souvenirs, l’enfance : on a tous autour de nous « une première fois sans les petites roues ». Enfin aujourd’hui plus que jamais, le vélo est aussi au cœur des enjeux écologiques et politiques... Les idées ne manqueront donc pas, pour cet événement à construire en partenariat avec des écoles, les structures culturelles, socioculturelles chevillaises, les associations et la participation de l’ensemble du peloton.
- Janvier 2012 : la ligne d’arrivée, L’Echappée
Un spectacle jeune public et familial, dont nous aurons longuement l’occasion de reparler... »
Valérie Briffod
Les rendez-vous de l’échappée
- Prologue de saison : vendredi 24 septembre à 20h
- Première étape de montagne : samedi 22 janvier à 18h
- Pignons sur Chevilly-Larue : dimanche 26 juin
- De septembre 2011 à janvier 2012, Valérie travaille activement à la création de son spectacle. Elle poursuivra ses rencontres chevillaises auprès des élèves de l’école Pasteur qui découvriront ainsi la création du spectacle en cours.