Le Labo
Présentation
Comment permettre la rencontre et le partage des expériences entre des conteurs le plus souvent solitaires ? Comment transmettre les savoirs et savoir-faire de manière collective en s’appuyant sur les singularités artistiques et humaines de chacun ? Comment développer sa pratique du conte en regard d’autres champs artistiques ? De nombreuses questions... et une tentative de réponse, avec la construction progressive d’un espace collectif, pluridisciplinaire, de recherche, d’improvisation et de création : le Labo de La Maison du Conte.
En 2003, La Maison du Conte propose à une quinzaine de jeunes conteurs de tenter une expérience pas comme les autres : le Labo. Sept années plus tard, les labo’s (devenus pluriel) sont toujours là et ne demandent qu’à grandir.
Dans cet espace-temps protégé, les conteurs ont la liberté de poser leurs valises à La Maison trois jours par mois pendant trois ans, pour partager leurs histoires et interroger leurs pratiques, accompagnés par des artistes expérimentés. Les labo’s sont aussi des espaces ouverts où les conteurs peuvent imaginer collectivement des projets publics à Chevilly-Larue et dans toute l’Ile-de-France.
L’aventure du 2eme Labo a pris fin en juin 2010 avec deux soirées sur les faits divers. Mais l’histoire ne s’arrête pas là…
2012-2013 : Le Labo école ou Labo initial
Du 1er janvier 2012 au 30 juin 2013 aura lieu la troisième session du Labo initial. En juin 2013, une prolongation du cycle d’une saison supplémentaire est envisagée.
Les auditions pour accéder à cette session se sont déroulées en mai et en juin 2011 sur quatre jours, avec trente-six conteurs choisis parmi quatre-vingts candidatures. Au final, quinze jeunes conteurs issus de ces auditions ont été invités à participer à ce Labo.
Ce Labo propose de s’interroger collectivement sur des problématiques diverses :
- la place et le statut du conteur aujourd’hui et la singularité de cet art,
- la question du répertoire,
- le travail de la conscience corporelle, vocale, spatiale, énergétique, musicale
- la question de la recherche individuelle reliée au collectif
- le rapport au public
- l’enjeu de l’improvisation
Ce sont toutes ces questions qui permettent de briser les certitudes, d’ouvrir les portes de la recherche et de faire de l’art du conte, un art vivant.
Ce programme de formation et de recherche s’adresse à des jeunes conteurs professionnels francophones et à des conteurs ayant déjà connu une première expérience artistique ou ayant une expérience plus conséquente. Ce Labo comprendra 15 participants.
Trente jours de janvier 2012 à juin 2013 en 10 sessions de trois jours (de 10h à 18h chaque jour)
Planning premier semestre : 11/12/13 janvier – 8/9/10 février – 7/8/9 mars – 11/12/13 avril – 9/10/11 mai – 6/7/8 juin
Le planning du deuxième semestre est en cours
Pour animer la première année de cette nouvelle session, Abbi Patrix a choisi de s’entourer de cinq conteurs aujourd’hui professionnels issus de la première session : Valérie Briffod, Florence Desnouveaux, Julien Tauber, Christian Tardif, Marien Tillet. Avec ce groupe, il anime depuis 3 ans une cellule de recherche interrogeant la question de la transmission du conte.
Abbi Patrix a également sollicité la sociologue Anne-Sophie Haeringer - doctorante qui a accompagné le travail du premier Labo et présenté une thèse sur le renouveau du conte au printemps 2011 - à participer à l’animation de ce troisième Labo. Elle aura pour mission de noter les protocoles d’exercices proposés aux jeunes conteurs.
Abbi Patrix et ces six personnes forment eux-même pendant deux journées une cellule de recherche autour de la transmission (le Labo recherche), afin de préparer ensemble le corpus de travail nécessaire aux trois jours de Labo Initial.
Abbi Patrix sera présent à chaque session et sera accompagné de deux conteurs ou chercheur de ce Labo transmission. Chaque session comptera donc trois animateurs.
Ce nouveau mode opératoire a pour objectif, à plus long terme, de préparer ces conteurs à être des animateurs de futurs labos et à pérenniser le modus vivendi de ce module de transmission imaginée à La Maison du Conte.
2010-2012 : les micro-labos
La Maison pérennise son travail d’accompagnement et propose aux conteurs des différents labos - et plus si affinités -, de creuser, en parallèle du Labo initial, un nouveau sillon : des cellules de recherche sur des thématiques spécifiques avec une bourse et un accompagnement adaptés à chacun des projets ; les micro-Labos.
Le Labo Contobjet
“Durant deux saisons, nous nous attaquons à ces histoires que tout le monde connaît ou croît connaître... : les contes merveilleux en privilégiant dans nos choix les “grands classiques”, c’est-à-dire les histoires portées à l’écrit par Grimm, Perrault et le plus souvent vulgarisées par Walt Disney.
En les confrontant à des objets du quotidien, nous cherchons à éprouver ces images fortes que l’on pourrait même qualifier de clichés (la pomme, le cercueil de Blanche-Neige, les cailloux du Petit Poucet...), sans chercher de prime abord à les détourner. Il s’agit alors, au travers des objets, de voir comment ouvrir, prolonger, décaler ces images fortes pour les donner à entendre dans toute leur charge symbolique et émotionnelle.
Nous allons poursuivre la saison prochaine sur un mode opératoire itinérant en proposant à des lieux partenaires de nous accueillir sur un temps de résidence, durant lequel nous aurons le temps de travailler entre nous et de proposer des expérimentations publiques."
Avec Valérie Briffod, Matthieu Epp, Olivier Letellier et Nidal Qannari.
Le Labo Contobjet se produira la saison prochaine à La Maison du Conte, à Marseille avec le Théâtre de Cuisine, à Charleville-Mézières avec l’Institut international de la marionnette en partenariat avec La Maison du Conte, et au Strapontin à Pont Scorff.
Le Labo Oucopo
"Comment écrit-on, nous conteurs ?
Comment peut-on s’interroger et travailler collectivement sur cette question ?
Peut-on trouver un modèle de contraintes propre à notre pratique, mêlant scène et stylo, puisant dans l’écrit pour faire de l’oral et retravaillant cet oral à l’écrit ? Peut-on, sur le modèle de l’OuLiPo, chercher ce que serait un OuCoPo (Ouvroir de Conteries Potentielles) ?
Comment peut-on retranscrire une chose entendue ? Peut-on développer des formes d’écritures qui puissent nous servir de partitions ?
Pourquoi certains écrits (Céline, Thomas Bernhardt, Koltès,…) sont-ils considérés comme oraux ? Peut-on en tirer quelque chose pour notre pratique ?
Quelle écriture peut-on développer pour mettre en mots une forme basée sur l’image (Film, album jeunesse, bande dessinée) ?
C’est pour répondre à toutes ces questions que nous avons choisi de nous réunir au sein du "labo écritures". Nous travaillerons de la façon suivante : pendant trois jours, six conteurs se réuniront et chacun sera tour à tour directeur de recherche et sujet d’expérimentation, chacun aura la charge d’animer une demi-journée de travail, amenant ainsi sa propre vision de l’écriture et sa manière de la partager avec les autres. Les participants ne sont pas forcément les mêmes d’une fois sur l’autre, mais il est bon qu’au moins une personne puisse faire le lien entre deux moments de travail."
Avec Frédéric Duvaud, Frédéric Pougeard, Guillaume Alix, Christian Tardif, Delphine Noly, Julien Tauber, Nathalie Loizeau, Hélène Palardy.
Le Labo Shakespeare
"Le conteur peut-il raconter une histoire écrite à l’origine pour le théâtre et destinée à être incarnée par plusieurs personnes dans un décor et dans un espace spécifique ?
Nous confronter à cette question, c’est sans doute chercher à éclairer notre pratique d’écriture avec les moyens dont le conteur dispose : sa voix, son corps, l’espace. C’est expérimenter...
> la liberté de naviguer du récit à l’incarnation,
> les racontées à plusieurs d’une même histoire,
> l’équilibre entre notre propre parole contemporaine et une certaine écriture "théâtrale"
Pourquoi partir de Shakespeare ?
C’est un point de départ non exclusif qui part d’un plaisir partagé et qui prend comme hypothèse que le théâtre de Shakespeare porte en lui un répertoire vaste composé de pièces très différentes, connu et transmis de façon universelle partout dans le monde. Chacune de ces pièces, bien qu’inscrites dans une temporalité a des échos, y compris politiques, aujourd’hui.
La force de cette écriture conçue pour la scène (dialogues…) mêlant des propositions de mise en scène nombreuses et variées (allant jusqu’au théâtre récit) est également une piste que nous souhaitons creuser."
Avec Jacques Combe, Christian Duval, François Vincent et Caroline Sire.
Le Labo Corps écrits / Corps parlés
"L’atelier « Corps–Ecrits/Corps-Parlés » propose à tous les conteurs qui le désirent de découvrir et de s’approprier un processus d’écriture chorégraphique en lien avec la parole.
Pour cet atelier, il s’agira d’explorer différents enjeux à partir de la contrainte d’un témoignage existant (une histoire racontée).
Le récit nous permettra d’opérer ensemble des choix qui détermineront alors la direction d’un mode de construction possible : structurelle, formelle, sémantique, etc… et la façon dont parole et mouvement s’influencent réciproquement.
Nous explorerons alors sous formes d’improvisations ces différentes possibilités pour mettre à jour la singularité de chaque proposition.
Les directions proposées s’articuleront à partir des recherches qui sont au cœur de mes questionnements dans mon parcours de chorégraphe, et notamment l’articulation entre abstraction et figuration, telle que Gilles Deleuze en parle à propos du peintre Francis Bacon : « La peinture n’a ni modèle à représenter, ni histoire à raconter. Dès lors elle a comme deux voies possibles pour échapper au figuratif : vers la forme pure, par abstraction ; ou bien vers le pur figural, par extraction ou isolation. Si le peintre tient à la figure, s’il prend la seconde voie, ce sera donc pour opposer le « figural » au figuratif. »
Cet atelier s’adresse à tous les conteurs qui souhaitent interroger la place du corps dansé dans leur pratique.
La première session de recherche verra son exploration débuter sous l’œil attentif d’Emmanuelle Vo-Dinh, chorégraphe".
Avec Laetitia Bloud, Julie Boitte, Nathalie Loizeau, Karine Mazel-Noury, Delphine Mangin et Sophie Wilhelm.
Le Labo Interdit
"Qu’est ce qui fait qu’un acte, un mot, une histoire, est jugé acceptable, recevable ou non ?
La question des limites trouve des réponses subjectives quand il s’agit de limites individuelles. Mais les limites sont aussi fixées de façon collective, par la morale et la bienséance, qui sont les garantes d’un cadre social (prétendument) protecteur.
Il s’agit d’interroger ces limites, les connaître, les définir, pour ensuite envisager de les abolir.
Il s’agit de casser les murs et de mettre le feu à la langue de bois.
La nécessité de transgresser naît d’un désir profond, brut, de pousser un cri, de dénoncer un ordre imposé. Le labo se propose de cibler les problématiques et les sujets de révoltes qui sont chers à chacun. Vient ensuite la question de la forme : dépasser la bienséance d’une façon artistiquement intéressante."
Avec Anukka, Jean-François Dieterlé, Clara Guenoun, Sami Hakimi, Nathalie Loizeau, Hélène Palardy, Nidal Qannari.
Depuis 2008 : Le Labo recherche
Le Labo Recherche, constitué de Marien Tillet, Valérie Briffod, Florence Desnouveaux, Abbi Patrix et Christian Tardif et Anne-Sophie Haeringer poursuit sa route.
Deux jours par mois, cette équipe continue de partager des questionnements individuels – d’ordre artistique, bien sûr, mais aussi technique, scénographique... – pour tenter d’apporter des réponses plurielles. Chaque projet artistique bénéficie du regard attentif et exigeant d’autres conteurs également en plein “mouvement créatif”. Régulièrement, les Laborantins ont la possilité de solliciter des compétences, des savoir-faire extérieurs à La Maison du Conte.
Le Labo recherche a par ailleurs activement participé à la mise en œuvre de l’événement organisé en partenariat avec l’Université Paris Diderot, en décembre 2010 : Transmettre / Pourquoi faut-il raconter des histoires.