“Je suis dans le dire. Ce qui m’intéresse dans le conte, c’est de dire, de parler. Mais être conteur c’est aussi être auteur, compositeur, interprète. Alors après avoir rêvé pendant des mois à une histoire, des personnages, des images... vient le moment fatidique de la création (la petite, pas la grande Création). Je couche les mots sur le papier, et pourtant je suis dans le dire ! Je réalise un montage d’images, de gestes, du visuel et pourtant je suis dans le dire. Je crée une partition de sons et de rythmes et pourtant... je suis dans le dire ? C’est plus fort que moi, dire cette histoire rêvée devient une nécessité dans mon processus de création.
C’est ainsi qu’après plusieurs heures à me morfondre sur mes pages blanches à petits carreaux et à pester contre toutes les muses de l’inspiration, du théâtre, de la musique et de la danse, vient le temps de la première représentation publique : La Première (la Grande Première, pas la petite de rien du tout). Et là, moment de grâce, instant magique, miracle ! Tout se met en place, les mots, les gestes, le dire fait son travail. Enfin presque... Il arrive souvent que ce dire, une fois entendu, écouté, vécu, transforme celui qui dit (puisqu’il y est) et ce qu’il a à dire. Alors vient le temps de la re-création (mais non, pas la récréation).
C’est pour ce temps de « re-création » que j’installe à La Maison du Conte mon histoire, mes doutes et même mes amis. C’est avec Antonio et Mercedes Maya que l’aventure a commencé, avec qui l’histoire est née, à présent elle a besoin de pousser. »
Christèle Pimenta